
Pourquoi ne pas vous présenter Breaking Bad dans cet article, me dis-je ? Une série qui rencontre un tel succès, faut pas que ça passe inaperçue. Il faut l’aider, la pousser… Ne pas en parler sur ce blog revenait à laisser dans l’ignorance environ un bon tiers de l’humanité. Alors, ne pouvant souffrir cette responsabilité, je branche mon clavier USB allemand dans le port de mon ordi et écris cet article sous les auspices de la bonté, de la justesse et de la droiture. Et rends ainsi à César ce qui est à César ! C’est aussi le premier article sur le blog de la fabrique de films au sujet d’une série télé.
A l’origine… Walter White (interprété par Bryan Cranston) est professeur de chimie dans un College au Nouveau Mexique. Il possède un petit pavillon de banlieue tout ce qu’il y a de plus américain, qu’il occupe avec sa femme enceinte (Anna Gunn) et son garçon handicapé de 15 ans (RJ Mitte). Pour assurer les besoins de sa petite famille, Walter s’épuise au travail et brosse à temps partiel les jantes des clients dans une station de lavage sous les ordres d’un patron tyrannique. A croire que la chance est brouillée à vie avec Walter, sa vie plutôt grise devient carrément noire le jour où il apprend qu’il est atteint d’un cancer du poumon. Les médecins ne lui donnent pas plus de 2 ans à vivre. Pour prémunir post mortem sa famille et la mettre à l’abri du besoin, Walter, grand chimiste devant l’eternel, ne voit qu’un moyen : fabriquer de la méthamphétamine. Une drogue de synthèse qui rapporte gros. S’associant avec Jesse (Aaron Paul), un ancien élève devenu petite frape et qui connait bien le terrain, ils achètent un camping car et le transforme en laboratoire clandestin. Le sort en est jeté : Walter produira et Jesse vendra. Le business est lancé et la série peut commencer.
Breaking Bad, c’est une série télé à l’intrigue riche et aux rebondissements incessants. La série met en liens des personnages attachants aux caractères bien différents et réalistes (Marie Schrader, la belle sœur de Walter, est l’exception qui confirme la règle). L’histoire a bénéficié d’un vrai travail d’orfèvre, ponctuée par des season finales grandioses qui en mettent plein la vue. L’évolution des personnages et de leur psychologie est elle aussi très poussée et semble tout à fait plausible. Evoluant bon gré mal gré au fil des saisons, Walter devient Heisenberg, c’est comme imaginer son prof de maths devenir Tony Montana !
Ici, on oscille entre « situations dramatiques totalement anxiogènes tellement la pression atteint des sommets et qu’on ne sait pas comment ils vont se tirer de ces mauvais pas ni comment cette phrase va se terminer » et comédie. L’humour noir est de rigueur et en commençant Breaking Bad, vous ne savez pas que vous venez de faire la plus grande boulette de votre vie, vous venez de prendre pour 46 épisodes (actuellement disponibles) d’une durée de 45 minutes en moyenne, soit environ 34h et 10 minutes de visionnage qui agglomérés toutes ensemble vous aurait permis de faire 610 km/h en dansant sur le dos d’un cochon, si si je vous jure. Rassurez-vous, votre situation n’est pas favorable mais mamie a fait pire par le passé : elle vient tout juste de finir d’ingérer 7329 heures et 45 minutes de feux de l’amour soit 305 jours et des poussières pendant lesquelles elle ne pensait pas.

Vous êtes toujours là ? C’est pas bientôt fini ce bordel dans le paragraphe du haut ? On peut continuer ? Très bien ! Donc, pour reprendre avec Breaking Bad, on suit nos 2 compères pour les 34 prochaines heures dans leurs très nombreuses péripéties. Effectivement, la théorie du producteur au consommateur n’est pas de tout repos dans ce « noble et beau métier » qu’est le trafic de drogue, vous allez être servi. Breaking Bad, c’est une bande originale de folie et une grande histoire. Attacher bien vos ceintures dans le camping car, vous êtes partis pour 4 saisons hautes en couleurs !
On prend vite ses repères et c’est toujours un plaisir de retrouver le flash, ce petit moment contemplatif qui a lieu à chaque début d’épisode un peu avant le générique, une petite pépite d’art qui présente de manière abstraite un rebondissement à venir. Tout est mis sur l’observation, elles sont mystérieuses et artistiques, en clair on n’est pas loin d’un western made in Sergio Leone. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Vince Ghilligan. Il aurait même obligé son équipe de réalisation à visionner il était une fois dans l’ouest (rapporté par allociné.fr)

Finissons sur une bonne et une mauvaise nouvelle. On commence par la bonne : AMC, la chaine qui produit Breaking Bad et Vince Guiligan, le papa de la série, l’ont annoncé, la 5e saison est en route ! Soit 16 nouveaux épisodes à découvrir plus tard dans le futur (aucune date de diffusion encore annoncée). La –je ne dirais pas mauvaise mais – moins bonne nouvelle, cette saison clôturera la série. Et oui… toutes les bonnes choses ont une fin, Breaking Bad n’en déroge pas. Enfin, qui sait ? Les adieux à jamais c’est toujours difficile quand y’a de l’argent en jeu, il faut souvent s’y reprendre à plusieurs fois. Croisons les doigts pour que ça ne soit pas le cas. Car comme le dit si bien Aaron Paul :
« Je suis triste mais heureux que les fans aient cinq saisons extraordinaires plutôt qu’ils pensent « les cinq premières saisons étaient géniales, mais les trois suivantes étaient atroces » (Aaron Paul, allociné.fr)